À la ligne
Irma Kalt
Dans le cadre du « RDV décalé » consacré cette année aux Années Folles et en partenariat avec le Frac des Pays de la Loire, l’artiste Irma Kalt investit la galerie de l’Espace de la Morvandière avec l’exposition À la ligne. Livres, gravures sur bois, œuvres textiles et papier peint, spécialement conçus pour l’occasion, se déploient au cœur de la vitrine en un foisonnant répertoire de formes.
Le « RDV décalé » est un programme qui se déroule dans les médiathèques des communes de Thouaré-sur-Loire, Mauves-sur-Loire et Sainte-Luce-sur-Loire.
_
Diplômée de l’École des Beaux arts de Nantes en 2012, Irma Kalt poursuit sa recherche artistique au sein de divers collectifs comme Second Kiss Company (Nantes, Paris, Pékin) et Silence Forêt (Nantes, Berlin, Pékin). À l’occasion de différentes résidences, un réseau d’affinités de recherches artistiques s’est tissé à travers l’Asie et l’Europe : 798 centre d’art à Pékin en Chine, Art in Nature à Busan en Corée du Sud, Atelier Nimmanhaemin à Chiangmai en Thailande, Treptow Atelier à Berlin en Allemagne.
En parallèle de son travail artistique elle a le plaisir d’intervenir régulièrement dans des écoles avec le soutien du Frac des Pays de la Loire, ainsi que dans des écoles d’art (Nantes, Metz, Nancy, Mulhouse, Quimper, Pékin).
Dans sa pratique, Irma Kalt n’en finit pas d’ancrer ses formes, comme pour mieux se les approprier : si son premier mouvement passe par le dessin, elle emprunte ensuite de nombreuses voies (l’impression sur papier ou tissu, la photographie, la vectorialisation puis à nouveau le dessin ou la peinture ou l’impression). Par ce processus de mue complexe, elle décante son motif, et cerne davantage le point de vue ou la focale qui lui convient : comment regardons-nous et à quelle distance ? Sommes-nous très loin ou sommes-nous à l’intérieur ? Entre savoir-faire ancien et technologie contemporaine, ses œuvres témoignent toutes de présences fantômes, de données graphiques ou picturales qui ont été là, qui se sont essentialisées ou ont disparu, mais qui continuent souterrainement de s’exprimer. Pour l’artiste, la beauté fragile des formes ne s’obtient qu’au prix de ce lent processus, au cours duquel le motif se leste de toutes ces strates mémorielles.
_
Extrait du texte « Cahier d’école » écrit dans le cadre de l’exposition à l’espace MIRA Eva Prouteau