Frac



Exposition
Instantané (99)
Arthur Lambert
À l'envers, l'or point

du 9 mars au 26 mai 2019
au Frac, Carquefou

Le Frac des Pays de la Loire invite Arthur Lambert du 9 mars au 26 mai 2019 dans le cadre des Instantanés. Ce dispositif permet à des artistes de produire leur première exposition personnelle ou de confirmer une pratique déjà engagée.


Frac des Pays de la Loire

Boulevard Ampère

44470 Carquefou

horaires d'ouverture de l'exposition :

du mercredi au dimanche de 14h à 18h

visite commentée le dimanche à 16h

groupes tous les jours sur rendez-vous

entrée libre

fermée le 1er mai


Quelque chose apparaît. Une vibration noire ou colorée. Sommes-nous dans un champ magnétique ?

Nous ne sommes plus dans un espace continu car ici autre chose trouve son équilibre, une certaine union des opposés, l’envers de quelque chose semble se matérialiser. Par la pratique du dessin et de la peinture, Arthur Lambert explore un monde de champs de force et de particules. Chacune de ses œuvres est une entité colorée tant dynamique qu’optique. Tout y devient granulaire, prenant parfois la forme de l’atome ou de la molécule. Il procède, en premier lieu, à de nombreuses recherches graphiques, puis il les compose et recompose en faisant des esquisses sur écran ou sur papier. À partir de ce travail préparatoire, il façonne à la main chaque dessin et peinture avec une concentration extrême et une grande maîtrise technique. Car dessiner, selon lui, c’est faire l’expérience d’un monde, regarder une parcelle de cet univers commun et le traverser, l’éprouver. Par l’usage de techniques ancestrales comme celle de l’enluminure, Arthur Lambert attrape et prélève des formes hors du temps en captant l’impact formel et la dimension magique des arts anciens. Il crée une architecture sensible et structurée qui se réfère souvent au nombre d’or ou aux langages cryptés comme le langage des oiseaux.

Passerelles entre les techniques et les mondes, entre l’esprit et la matière, ses œuvres s’appuient sur les cultures sacrées, tant occidentales qu’orientales. Avec l’usage de l’or, symbole de la lumière métaphysique, c’est cette intensité vibratoire vers l’abstraction et une géométrie de l’invisible qu’il recherche. Ses œuvres convoquent des symboliques très fortes à partir de ces formes primordiales : elles se télescopent pour jouer avec notre appréhension optique voire haptique. Les motifs et textures mis en exergue par Arthur Lambert deviennent des systèmes solaires et cosmiques où la saturation des lignes s’allie à une dimension spirituelle. Il incorpore également dans ses œuvres un symbolisme sorti tout droit de l’intuition géométrique et mathématique. Alors que ces « lignes de force » se connectent à une même énergie cosmique et primordiale, l’alchimie, en trame de fond de ses œuvres, exerce aussi son principe de transformation du réel.  

Dans cet entrelacs de références tant scientifiques que vernaculaires, Arthur Lambert aime se souvenir d’un récit ancien, celui du moine Shitao surnommé le Moine citrouille-amère, ayant vécu au 17ème siècle en Chine. Dans cette fiction poétique et miraculeuse, ce Moine citrouille-amère, artiste peintre, poète et paysagiste, recherche l’union entre la création picturale et la création cosmique. Selon le traité de peinture élaboré par Shitao, un des fondements de la peinture serait l’unique trait de pinceau. Issue de la pensée taoïste et du bouddhisme-chan, cette notion impliquerait que l’unique trait de pinceau soit à l’origine de toute peinture. De ces illuminations profanes et allégories mystérieuses, Arthur Lambert cherche à communiquer un « souffle » par la peinture. Tel un funambule, il reste en équilibre sur un fil qu’il chemine entre le céleste et le terrestre, entre des paysages réels et imaginaires.

Marianne Derrien




Communiqué de presse



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