Frac



Exposition
Instantané (97)
Makiko Furuichi
KAKI Kukeko

du 23 juin au 7 octobre 2018
Frac, carquefou

Frac des Pays de la Loire

Boulevard Ampère

44470 Carquefou

horaires d'ouverture de l'exposition :

du mercredi au dimanche de 14h à 18h

visite commentée le dimanche à 16h

groupes tous les jours sur rendez-vous

ouvert le samedi 14 juillet et le mercredi 15 août

entrée libre


Le Frac des Pays de la Loire invite Makiko Furuichi du 23 juin au 7 octobre 2018 dans le cadre des Instantanés. ce dispositif permet à des artistes de produire leur première exposition personnelle ou de confirmer une pratique déjà engagée.


Makiko Furuichi  a coutume de dire qu’elle dessine et peint les personnages qui flottent dans sa tête, des personnages qui font partie de ses rêves, de son imaginaire de Mangaka refoulée, ou de la réalité médiatique qui l’entoure, et parfois l’obsède.
Miroir de cette scène mentale, l’œuvre fait défiler une foule d’êtres onctueux et trempés dont le visage divague, dont le corps se liquéfie, tenté par l’abstraction, le flou et l’échappée. Comme dans les rêves et les contes, ces visions éclosent sans prévenir, à la fois empathiques et cruelles, douces et terribles, traversées par la présence animale et végétale, mais consacrées en majeure partie au portrait d’êtres presque humains, porteurs d’émotions troubles. 

Bien qu’elle expérimente différents médiums, Makiko Furuichi  semble toujours rattrapée par la peinture, principalement à l’huile sur toile et à l’aquarelle sur papier, parfois en wall painting, sur céramique, vidéo ou support textile. Invitée pour une exposition monographique au Frac des Pays de la Loire, l’artiste choisit de déployer toutes les facettes de cette pratique foisonnante, et propose même une première installation où le dessin vient requalifier la table traditionnelle qui occupe le centre de l’espace de vie au Japon : le Kotatsu.

Le titre de l’exposition, KAKI Kukeko, claironne une énergie allitérative et chantante. Ces syllabes constituent la base de l’apprentissage de la langue japonaise. Elles se réfèrent notamment aux hiraganas (平仮名, ひらがな), syllabaire qui constitue l’une des quatre écritures du japonais. Conçus à leur origine pour être appris et tracés plus facilement, les hiraganas étaient aussi appelés onnate, littéralement la main des femmes – une partie du corps omniprésente dans l’univers de Makiko Furuichi.
La première ligne des tableaux d’apprentissage énonce les voyelles (a-i-u-e-o), la seconde rajoute une lettre (ka-ki-ku-ke-ko). Sur cette référence initiale, qui ouvre un espace entre dessin et rythme, l’artiste en greffe une seconde, étroitement reliée à l’enfance : «Le kaki est un fruit qui m’a marqué lorsque j’étais petite. Je n’ai jamais apprécié son goût. En bas de chez mes parents, j’empruntais un passage sinueux pour aller à l’école, et bordant ce passage, il y avait un grand arbre à kaki, qui à l’automne laissait tomber au sol ses gros fruits oranges pourris. Tous les matins et tous les soirs, je zigzaguais entre ces kakis blets. J’aimais bien marcher en évitant leur pulpe onctueuse et gluante.»1

L’anecdote, qui relate un double mouvement d’attraction-répulsion, a plus d’importance qu’il n’y paraît : le sentiment repoussant et attirant à la fois que certaines choses suscitent en l’artiste motive l’exposition dans son ensemble. Makiko Furuichi, qui déclare être en quête de cette émotion spécifique nommée en japonais « niyari », la met en scène suivant différentes modalités, entre réminiscences d’enfance et iconographie métissée. Chaque œuvre recèle ici une histoire intime, teintée de merveilleux. En ce sens, Makiko Furuichi prolonge la pensée du peintre Philip Guston : «Je ne sais pas ce qu´est une peinture ; qui sait ce qui déclenche l´envie même de peindre ? Il peut s´agir de choses, de pensées, de souvenirs, de sensations, qui n´ont aucun rapport direct avec la peinture elle-même. La peinture ne se fait pas sur une surface mais sur un plan que l´on imagine. Elle se déplace dans la tête. Elle n´est pas du tout là physiquement. C´est une illusion, un numéro de magie. Donc, ce que vous voyez n´est pas ce que vous voyez.»

Éva Prouteau

Notes :
1 – Entretien mené avec l’artiste, le 21/04/2018.
2 – Extrait de la conférence donnée par Philip Guston à l’université du Minnesota en mars 1978, publiée dans le catalogue d’exposition Philip Guston : The Late Works, Sydney, International Cultural Corporation of Australia, 1984




Communiqué



Feuilles de salle



Document pédagogique