Frac



Exposition
Thomas Huber
L’imagination au pouvoir

du 10 février au 23 avril 2017
HAB Galerie, Nantes

Pascal Convert, Wim Delvoye, Spencer Finch, Barry Flanagan, Thomas Huber*, Peter Kogler, Gabriel Orozco.

œuvres de la collection du Frac des Pays de la Loire


HAB Galerie

Quai des Antilles
44200 Nantes

du mercredi au vendredi de 14h à 19h
le samedi et le dimanche de 13h à 19h

entrée libre

vernissage le jeudi 9 février à 18h30

rencontre avec la presse le jeudi 9 février à 15h

présentation aux enseignants le mercredi 8 février à 15h



Le Frac des Pays de la Loire invite l’artiste Thomas Huber à exposer à la HAB Galerie à Nantes et au Frac à Carquefou.
Il est invité à sélectionner des ensembles d’œuvres de la collection du Frac, à présenter quelques unes de ses œuvres et à créer un dispositif de présentation. Ces deux expositions se font écho.


A l’invitation du Frac des Pays de la Loire, Thomas Huber (Zürich, 1955) installe au sein de la HAB Galerie son ensemble monumental Sonnez les matines (1999-2002), acquis par le Frac en 2002. En écho à des œuvres qu’il a sélectionnées dans les collections du MAMCO de Genève et du Frac des Pays de la Loire, ce ne sont pas moins de 13 maquettes à l’échelle 1/10 de Huberville et 140 figurines en céramique qui investissent l’espace et donnent corps à cette ville idéale née de l’imagination de l’artiste suisse.
Depuis 1982, Thomas Huber poursuit une réflexion à la fois théorique et pratique sur la peinture et l’image, sur leur fabrication, leur mise en espace, leur rôle aussi dans notre civilisation occidentale moderne qui a fait une place centrale à l’art, au spectacle et à leur capacité à former des spectateurs et un public. Les espaces qu’il évoque dans ses peintures et installations, dans un style froid, distancié – bibliothèque, théâtre, atelier de l’artiste, forum, salle d’exposition – rappellent tant par leur fonction que par leur facture la tradition moderniste, depuis les représentations renaissantes de la cité idéale en vogue à la cours d’Urbino jusqu’aux cités imaginées par Le Corbusier (symbolisées par la reprise de la Maison Domino) et l’Ecole d’Athènes, en passant par l’architecture idéale de Ledoux et Boullée. Que ce soit par le biais de ces maquettes au caractère éminemment théâtral ou par les panoramas et toiles qui l’accompagnent, Huberville évoque indéniablement l’espace telle que la tradition picturale moderne l’a conçu, régi par la perspective, rationnel, utopique et prospectif, en tant qu’il met en scène une polis idéale et, par extension, une communauté de citoyens à réaliser.

C’est aussi l’espace de l’artiste par excellence, au sein duquel Thomas Huber se met en scène avec sa famille, que ce soit par le biais de la Kunstler Haus (Maison de l’artiste) ou du Clocher, référence à son père architecte et constructeur d’églises, dont on retrouve l’écho dans le titre même de l’installation, Sonnez les matines et dans les cloches omniprésentes dans l’œuvre de l’artiste. Espace intime, enfantin peut-être, mais non moins inquiétant comme l’exprime Eine schreckliche Geschichte (Une histoire épouvantable), maison sans ouverture dont la façade raconte l’histoire d’un peintre enfermé avec sa femme et ses quatre enfants dans le tableau, grand comme une maison, qu’il était en train de peindre... On ne peut, lorsque l’on visite Huberville, lorsque l’on contemple les allées monumentales et la grande horloge, ne pas être saisi par un sentiment d’« inquiétante étrangeté », le même qui sans doute saisit un jour Giorgio de Chirico à Turin pour ne plus jamais le lâcher... Les images de Thomas Huber sont comme figées dans leur projection, peuplées de fantômes et d’esprits qui ne parviennent jamais vraiment à s’y incarner, à moins qu’elle ne cherchent à happer le spectateur qui les regarde : espace imaginaire, utopique sans doute, mais non moins potentiellement oppressant.

Cet espace, Thomas Huber le peuple d’autres œuvres qui entretiennent avec lui des affinités électives, qu’il s’agisse des cloches en cire de Pascal Convert, des fourmis défilant infiniment sur l’écran de Peter Kloger, des suspensions de Gabriel Orozco ou de Spencer Finch ou des formes de vie émergentes de Barry Flanagan. Au fond de la galerie, les visiteurs pourront admirer l’encyclopédique, exhaustif mais non moins imaginaire Atlas. La salle des cartes de Wim Delvoye, parodie de cet imaginaire qui prit, à l’âge moderne, possession du monde lui-même à travers sa mise en image. L’imagination au pouvoir, c’est justement le titre que donne Thomas Huber à cette nouvelle exposition : c’est à la fois un slogan fameux de mai 68, appel enragé à mettre bas toute forme de pouvoir institué, à laisser libre cours à ce qui incarne par excellence la liberté triomphante ; c’est aussi, probablement, ce qui décrit le mieux ce pouvoir de l’image à propos duquel s’interroge l’artiste depuis plus de 30 ans, interrogation à laquelle il nous invite à prendre part.
texte Julien Zerbone


 Exposition conçue et organisée par le Frac des Pays de la Loire, sur invitation de la SPL Le Voyage à Nantes. La HAB Galerie est gérée par la SPL Le Voyage à Nantes, dans le cadre de la délégation de service public conclue avec Nantes Métropole.

Le Frac des Pays de la Loire est co-financé par l’État et la Région des Pays de la Loire, et bénéficie du soutien du Département de Loire-Atlantique.

Cette exposition a reçu le soutien exceptionnel de la Région des Pays de la Loire.

Exposition réalisée avec le soutien de la Fondation d’entreprise Sodebo.

La SPL Le Voyage à Nantes accueille gracieusement cette exposition et prend en charge la médiation.

*Avec l’aimable prêt du MAMCO, Musée d’art moderne et contemporain, Genève.


au Frac des Pays de la Loire

EMMANUEL PEREIRE présenté par Thomas Huber
exposition du 18 mars au 28 mai 2017

À Carquefou, est mis plus particulièrement en évidence le travail que mène Thomas Huber sur l’image et la représentation. L’artiste sélectionne un ensemble d’œuvres d’Emmanuel Pereire dont le Frac possède 450 œuvres.


Thomas Huber est un artiste suisse né à Zurich en 1955,
il vit à Berlin.

Il a exposé au MAMCO de Genève, à Berlin, à Bruxelles et Amsterdam… Son travail a été présenté en France, au Palais des Beaux-Arts de Paris, au musée de Rochechouart, à Nimes, au Frac des Pays de la Loire…
Le Frac a acquis l’ensemble Sonnez les matines et cinq autres œuvres (peintures et paysage numérique).

En parallèle, expositions :

Thomas Huber, extase - Centre culturel suisse, Paris
du 21 janvier au 2 avril 2017


Thomas Huber, À l’horizon - Musée des Beaux-Arts de Rennes
du 2 février au  21 mai 2017


site Internet de l'artiste :

http://www.huberville.de




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