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Rencontre avec Delphine Coindet, Anne Bonnin, et Jean-Marie Girard

à l'occasion de la sortie du catalogue d'exposition
le jeudi 23 novembre à 18h30

Rencontre avec Delphine Coindet, Anne Bonnin, critique d'art, et Jean-Marie Girard, graphiste.  
Evénement proposé à l'occasion de la sortie du catalogue de l'exposition Un choix de sculpture, conçue par l'artiste Delphine Coindet, présentée à la collégiale Saint-Martin du 16 septembre  2017 au 3 janvier 2018.


La Collégiale Saint-Martin

23, rue Saint-Martin
49 000 Angers 
T 02 41 81 16 00

www.collegiale-saint-martin.fr

entrée libre


Un Choix répond à une situation particulière, définie par l’invitation du Frac. Deux aspects caractérisent la situation : le lieu, pour le moins chargé d’histoire ; la double position de l’artiste, tout à la fois curatrice et exposée, hôtesse et invitée, metteure en scène et personnage. La collégiale est en effet un édifice composite : palimpseste d’époques, romaine, mérovingienne, romane, gothique et… actuelle. Ce bâtiment, aujourd’hui un musée, conserve, malgré ses aménagements, une atmosphère médiévale avec ses murs de tuffeau et de brique. C’est donc un univers texturé qui accueille des œuvres du XXe et XXIe siècle et dont l’artiste s’est imprégnée pour concevoir une dramaturgie, fondée sur la ligne, la couleur et la lumière.

Dramaturgie de la corde

De longues cordes verticales tombent de la voûte jusqu’au sol où elles s’enroulent en colimaçon. Elles jalonnent et rythment la nef, faisant naturellement écho aux colonnes. Parfois, elles semblent s’élancer comme des serpents de leur base spiralée. On dénombre 8 cordes qui sont en réalité 4 : longues chacune de 50 mètres, elles enjambent souplement les hautes poutres de la charpente pour retomber en 2 verticales. Leur simplicité graphique souligne leur qualité constructive et dynamique.  Selon le point de vue ou l’humeur, l’œil accommode différemment, il voit tour à tour des lignes, des colonnes, des serpents, des lianes, des tresses, ou simplement l’outil. 

(…)

Les cordes sont colorées. L’artifice chromatique change la perception de ces objets qui, laissés bruts, se fondraient indistinctement dans le décor de pierre. Par contraste, ces silhouettes longilignes acquièrent une présence quasi-hallucinatoire, elles cisèlent l’espace, le sculptent de l’intérieur, telle une image de synthèse projetée en trois dimensions. Elles arborent leurs coloris qui les transforment en monochromes longitudinaux. Tour à tour instruments, supports, sculptures, peintures, tresses, ne sont elles pas aussi de grand pinceaux ?

Anne Bonnin, extrait du texte “Corde-Couleur”