Frac



Ateliers internationaux
The Way Things Fall Comment tombent les choses

résidence de septembre à novembre 2017
exposition du 18 novembre 2017
au 28 janvier 2018
Frac, Carquefou

XXXIe Ateliers Internationaux du Frac
Commissaire : Alejandro Martín Maldonado
Artistes invités : Danilo Dueñas, Herlyng Ferla, Verónica Lehner, Rosario López, David Vélez


Frac des Pays de la Loire

Boulevard Ampère

44470 Carquefou

entrée libre

horaires d'ouverture de l'exposition :

du mercredi au dimanche de 14h à 18h

visite commentée le dimanche à 16h

groupes tous les jours sur rendez-vous


Les XXXIe Ateliers Internationaux du Frac des Pays de la Loire s’inscrivent cette année dans le cadre de l’année France-Colombie 2017. Le Frac a invité Alejandro Martín Maldonado à concevoir cette nouvelle résidence de deux mois avec cinq artistes colombiens autour du thème de la sculpture et de la performance.


The Way Things Fall devrait susciter quelques réflexions premières : l’exposition raconte une histoire, produit un son, met le spectateur dans une certaine position, parle du poids et du fardeau, fait le lien entre une situation actuelle et ce qu’il est advenu avant elle, révèle une certaine tension.


Ces réflexions peuvent vous faire penser à des situations très concrètes : une montagne qui se transforme en avalanche, un objet en céramique qui se brise en mille morceaux, quelqu’un qui tombe en trébuchant sur une pierre.


« Une maison qui fut un jour construite et habitée tombe en ruines lorsqu’elle est abandonnée ».


Cette expression a un profond sens métaphorique : on l’utilise dans des moments de crise, lorsque tout ce qui aurait dû se passer d’une certaine manière se retourne contre nous. Mais on l’utilise aussi dans un sens paranoïaque : il y a des moments où on a l’impression que tout va s’écrouler et, même si cela n’arrive pas, on peut entendre les choses se fissurer.

The Way Things Fall nous donne un indice pour aborder la sculpture comme quelque chose de lié au sens et à la signification des choses, pour les concevoir à la fois comme ordinaires et mythiques. Plus spécifiquement, elle nous permet de faire le lien entre l’objet et l’espace qu’il occupe et entre l’objet et la personne qui interagit avec lui. Elle nous force à prendre en compte la façon dont tout s’inscrit dans le temps et comment ceci met fin à l’illusion de l’immuabilité de l’objet sculpté : celui-ci a un passé dans lequel il était autre et un avenir dans lequel il ne sera jamais ce qu’il était censé être.

Cette vision plus large entend mettre en relief la position particulière de l’art latino-américain et elle se nourrit de la façon dont les artistes brésiliens ont remis en question l’histoire de la sculpture et de l’art abstrait. Ils y sont parvenus en incluant les objets d’art dans un contexte plus large, rendant visible la façon dont les gens habitent la ville, les différences qu’on établit entre les classes sociales à travers la façon dont les gens construisent le lieu où ils habitent et occupent les espaces urbains. Ceci est également lié à la façon dont les artistes du sud du continent, d’Uruguay, d’Argentine et du Chili, dans un contexte de répression et de dictature, ont détourné le virage post-moderne de l’art, non pas dans la direction des attitudes autoréférentielles de l’art conceptuel du nord, mais dans le sens des possibilités politiques offertes par les approches linguistiques non-objectales, liées aux actes, aux ruptures et aux façons de modifier et de traiter la propagande selon des modalités critiques.

De ce constat, il est possible de dégager quelques caractéristiques de l’intérêt actuel des Colombiens pour la sculpture et des liens qu’ils entretiennent avec de nouvelles façons d’aborder la peinture et l’art sonore :

Rosario López et son approche précise consistant à explorer les paysages et à révéler, par son travail de recherche sur différentes matières, les structures mathématiques complexes qui y sont cachées.
David Vélez et son intérêt pour les enregistrements sonores, sa réflexion sur les interactions entre les choses et, plus spécifiquement, sur la matérialité qui produit
le son.
Herlyng Ferla et son regard minutieux porté sur les objets du quotidien, tourné vers l’observation de leurs possibilités profondes et l’extraction de la vie intime qu’ils recèlent.
Verónica Lehner et la façon qu’elle a de transposer son approche physique de la peinture en une observation des relations entre les déchets urbains et de la manière dont la surface extérieure des choses recueille leur histoire.
Danilo Dueñas et son souvenir profond de l’histoire de la peinture, déconstruite par sa mise sens dessus dessous des espaces, révélant la profondeur des surfaces.


Pendant cette résidence, par des conversations et des lectures, en travaillant ensemble sur l’espace et ce qui l’entoure, nous voulons aborder la question de la relation entre la sculpture et la performance. Afin de se départir de l’idée de l’exposition comme série d’œuvres séparées, nous entendons envisager la sculpture comme un processus, dans lequel ce qui compte vraiment réside dans les interactions entre les oeuvres et dans le temps que nous pouvons révéler en prenant vraiment en compte l’espace que nous sommes invités à habiter.


Alejandro Martín Maldonado


Les Ateliers Internationaux

Pionnier en ce domaine, le Frac des Pays de la Loire a mis en place dès 1984 les Ateliers Internationaux. Le Frac développe par cette expérience exceptionnelle en France une activité de soutien à la création qui contribue à enrichir sa collection de manière originale. Lieu de recherche, d’échanges et de production, ces Ateliers sont un laboratoire actif et réactif.
Chaque année pendant deux mois, ils permettent aux artistes invités de travailler et de rencontrer des acteurs du monde de l’entreprise, du milieu professionnel (conservateurs, critiques d’art, galeristes) ainsi que des élèves des universités et des écoles d’art qui les assistent. Les œuvres réalisées sur place sont ensuite présentées au public.


L’année France-Colombie 2017

Depuis 1985, l’Institut Français organise des rencontres et fait dialoguer la France avec les pays du monde entier, pour une durée de six à douze mois.
Première Année organisée dans un pays hispanophone, et la deuxième en Amérique du Sud après le Brésil, l’Année France-Colombie 2017 est le programme de coopération le plus ambitieux qui ait été conclu entre les deux pays. Plus de 700 événements sont organisés des deux côtés de l’Atlantique dans des domaines aussi variés que la culture, l’économie, la gastronomie, la recherche scientifique, l’éducation supérieure, le sport et les nouvelles technologies.

L’Année France-Colombie 2017 a débuté par la Saison de la France en Colombie du 16 décembre 2016 au 14 juillet 2017, dans les dix plus grandes villes du pays, suivie de la Saison de la Colombie en France du 23 juin au 17 décembre 2017. Cette initiative a pour objectif de renforcer les relations entre les deux pays, d’ouvrir cette coopération à de nouvelles disciplines et de moderniser l’image que les deux pays peuvent avoir l’un de l’autre.




Dossier de presse