Frac



Exposition
Instantané (94)
Patrick Bernier
UN GOUVERNEMENT
D'APRÈS LES MURS

du 31 mai au 17 septembre 2017
Frac, Carquefou

Œuvre collective réalisée suite à des ateliers menés par Patrick Bernier dans les Maisons d’arrêt de Nantes, Angers, Laval, la Roche-sur-Yon et Fontenay le Comte.


Frac des Pays de la Loire

Boulevard Ampère

44470 Carquefou

entrée libre

vernissage le vendredi 30 juin 2017 à 18h30 au Frac 
Navette gratuite le soir du vernissage. Départ de Nantes gare sud à 18h30. Retour de Carquefou à 21h. 

horaires d'ouverture de l'exposition :

du mercredi au dimanche de 14h à 18h

visite commentée le dimanche à 16h

groupes tous les jours sur rendez-vous

vernissage le vendredi 30 juin 2017 à 18h30
Navette gratuite le soir du vernissage
Départ de Nantes gare sud à 18h30. Retour de Carquefou à 21h


UN GOUVERNEMENT D’APRÈS LES MURS

D’avril à juillet 2015, Patrick Bernier est intervenu au sein des Maisons d’arrêt de Nantes, Angers, Laval, la Roche-sur-Yon et Fontenay le Comte.

Il a mené, durant 4 jours dans chacun des établissements, des «ateliers de paroles» avec un groupe de personnes détenues.  

S’appuyant sur l’hypothèse que des manières de voir autrement les problèmes actuels pourraient venir de ceux qui les vivent les plus durement, l’artiste a proposé aux participants de s’imaginer à la tête d’un ministère de leur choix et d’user de ce pouvoir imaginaire pour reconsidérer la société extérieure ; idéalement sans murs ni surveillance.

Cette «fiction-réalité» a donné lieu à la constitution d’un gouvernement composé de ministères inédits où des débats et déjà des premières mesures ont pris forme. De ces enregistrements, Patrick Bernier en a extrait une matière pour réaliser une œuvre orale et collective intitulé Un gouvernement d'après les murs.
L’immatérialité trouve alors sa place dans l’espace d’exposition du Frac, dont les cimaises truffées, non pas de micros, ni d’œilletons, mais de hauts parleurs, environnent le public d’un bain de murmures, d’allocutions, de discussions, de jeux de parole, et d’ambiances sonores récoltés derrière les murs.


- Œuvre-atelier imaginée et réalisée par Patrick Bernier, avec le concours de CHS, Fisi, Gwénaël, Georges, Ivan, Jean-Charles, Karim, Kenny, Kevin, Legrand, Malbar, Mani77, Mano, Mato, Michel, Mg, Mond, Patrick, R.P, S.C, Small Axe

Un projet mis en place par la Ligue de l’Enseignement Pays de la Loire — service régional culturel - en partenariat avec les SPIP 44/49/53/85, les différents établissements pénitentiaires de la région, le Frac des Pays de La Loire.  

Ce projet a reçu le soutien de la Drac des Pays de la Loire et des services pénitentiaires (ministères Culture et Justice). 


Patrick Bernier

Patrick Bernier est né en 1971. Il vit à Nantes. Diplômé de l’école nationale des Beaux Arts de Paris en 1999, il a participé au Collège Invisible, post-diplôme dématérialisé de l’école des Beaux-Arts de Marseille.

De 2002 à 2005, Patrick Bernier milite dans une association de solidarité avec des travailleurs immigrés dans laquelle il apporte une assistance juridique et scripturale et lutte pour l’égalité des droits entre européens et étrangers, notamment en termes de liberté de circulation et d’installation. A l’image de cet engagement civil, le travail artistique de Patrick Bernier s’inscrit dans des débats de société, côtoie parfois la justice et prend des libertés avec toutes sortes de frontières. Sa démarche a trouvé une résonance, à la fois intime et puissante, dans la rencontre, le débat et la parole échangée avec les personnes détenues.

Depuis la fin des années 1990, Patrick Bernier poursuit, en parallèle de projets personnels, une œuvre collective avec Olive Martin, rencontrée aux Beaux-Arts de Paris.

Ils développent un travail à multiple facettes, alliant l’écriture, la photographie, l’installation, le film et la performance, toujours façonné par un engagement politique. Dans ce travail polymorphe, ils vont mettre en avant les problèmes sociétaux actuels et persistants, notamment la mixité raciale et le rapport à l’étranger. Leur démarche est historique et politique, par simplicité et de manière non exhaustive, Patrick Bernier et Olive Martin amènent le spectateur à se souvenir. Tel un mémorial, leur travail va venir s’immiscer dans le passé pour mieux comprendre le présent, afin de ne pas tomber dans l’oubli. Leur pratique commune est marquée par l’investissement de domaines perçus comme réservés à des spécialistes. Dans leur performance X.c./ Préfet de... ; Plaidoirie pour une jurisprudence, 2007, conçue et réalisée avec Sébastien Canevet et Sylvia Preuss- Laussinotte, tous deux avocats, Patrick Bernier et Olive Martin s’appuyaient sur le droit d’auteur pour faire annuler une décision de reconduite à la frontière.

En 2012 alors en résidence dans les ateliers d’Aubervilliers, les artistes réalisent un projet intitulé L’Echiqueté. L’Échiqueté est un jeu d’échecs aux règles habituelles à un détail près, au lieu de disparaître, les pièces prises se combinent. Mettant en jeu la dualité noir-blanc et la suprématie des pions blancs, les artistes proposent une déviation avec des points de rencontre et de métissage. Une œuvre acquise par le Frac en 2013.

Dans le cadre de la même résidence, les artistes ont réalisé l’œuvre Le Déparleur : une sculpture sous la forme d’un métier à tisser. Dans la culture des Dogons, à laquelle ils se réfèrent pour les tissages de L’Échiqueté comme Le Déparleur, tisser est un acte fondamental qui signifie construire la parole, l’articuler, lui donner un sens.

En 2014, ils réalisent une œuvre autour de la Saline royale d’Arc-et-Senans. Cette installation a été pensée autour d’un moment de l’histoire de ce bâtiment.Elle consiste en l’installation à l’horizontale, de plusieurs échelles sur le mur principal de la Saline.

Pendant la seconde guerre mondiale, entre 1941 et 1943, la Saline fût réaménagée en un camp d’enfermement pour Tsiganes. Le mur principal était alors utilisé comme rempart pour empêcher les prisonniers de s’échapper. En installant ces échelles sur ce mur, Patrick Bernier et Olive Martin renouent avec le passé et viennent rappeler la souffrance de ces populations enfermées. Un acte de mémoire venant s’inscrire dans le présent, comme

une opposition à toute future détention arbitraire. Ces «échelles de sûreté», comme moyen d’évasion, vont venir symboliser une ode à la liberté et une lutte contre l’incarcération injustifiée.

« Sans doute qu’il n’est pas un mur qui ne puisse être un jour une offense à la liberté, et qu’à l’instar des normes de sécurité qui protègent les visiteurs des risques accidentels, des mesures garantissant chacun contre un enfermement arbitraire devraient accompagner tout mur érigé ». P. Bernier et O. Martin